L'exposition de 2013

Pourquoi cette exposition?

Au début des années 70, Jean-Pierre MAUBERT, fils du meilleur ami de René-Marcel CARTER s’était moralement engagé  à poursuivre des essais photographiques sur les plaques de cuivres gravées par l'artiste. Les premiers faits à cette époque étaient évidemment en argentique. Il s'agissait de macro-photographies de parties de plaques de cuivre. René-Marcel CARTER avait beaucoup apprécié les effets obtenus : les couleurs du cuivre suivant l’angle de la lumière, et le détail de la gravure.

Cependant, ces expériences furent interrompues pour deux raisons. 

1) La technologie argentique ne permettait pas de photographier, à un coût raisonnable, une plaque de cuivre entière avec un niveau de détail très fin. Il aurait fallu passer par des équipements professionnels et des formats très coûteux. 
2) Jean-Pierre MAUBERT du partir travailler à l’étranger pendant quelques années. Durant cette période René-Marcel CARTER mourut. Lorsque Jean-Pierre MAUBERT revint en France sa vie professionnelle était devenue difficile. Il ne put reprendre ses expériences photographiques qu’après sa retraite.

Le dogme selon lequel un artiste qui n’est pas devenu célèbre de son vivant ne peut pas le devenir plus tard est insupportable. Heureusement, il peut y avoir des exceptions, par exemple Van Gogh.
Si un artiste comme René Marcel CARTER plait à un très vaste public alors pourquoi le laisser dans l’oubli ? 

Tester la réaction du grand public

Il a fallu attendre 32 ans après la mort de l'artiste  pour que Jean-Pierre MAUBERT puisse organiser une exposition d'une petite partie des oeuvres que R.M. CARTER lui avait donné. Le choix se porta sur la partie la plus difficilement accessible au grand public.  L'inaccesssibilité est uniquement due à des raisons pratiques. 

L'exposition eut lieu du 4 au 16 juin 2013 à l’église de la Madeleine à Paris, dans les « salles Royales » au niveau de la rue, juste sous l’église. On put y admirer 72 grandes photographies en très haute définition du travail de R.M. CARTER et trois plaques de cuivres gravées originales.

Cette exposition avait trois objectifs. Le premier d’entre eux était de vérifier l’accueil  du grand public aux œuvres de René-Marcel CARTER. Grâce à ce test, l’intérêt du grand public pour le talent René-Marcel CARTER a été amplement démontré.
L’église de la Madeleine reçoit énormément de touristes du monde entier. Un bon nombre d’entre eux, venant  d’Angleterre, d’Argentine, d’Australie, de France, d’Irlande, du Japon, du Pakistan, de Pologne, et des États-Unis d’Amérique, ont visité l’exposition CARTER.

Malgré les grandes différences de culture ente ces pays, 90% des visiteurs sont repartis enthousiasmés.


Attirer l'attention des experts

Le deuxième objectif était de faire venir des conservateurs de musée. Effectivement Jean-Pierre MAUBERT voulait faire une donation de tout ce qu’il a reçu de René-Marcel CARTER à un musée. Il pensait que le talent de cet artiste devrait être partagé par le grand public. En conséquence, il avait invité une vingtaine de conservateurs de différents musées Parisiens à venir visiter les « salles Royales ». En dépit de plusieurs relances, aucun des musées contactés n’a envoyé de représentant.


Le troisième objectif était de faire découvrir René-Marcel CARTER à des éditeurs de livre d’art.

Sur la trentaine d'experts invités et relancés, aucun n'est venu. Pourquoi un tel décalage entre l’intérêt manifeste du grand public et l’indifférence notoire des professionnels de l’art à Paris ? Jean-Pierre MAUBERT n'a pas su trouver une réponse à cette  question. Mais à l’issue de cet événement, l'objectif final est resté le même:  faire une donation à un musée en France ou dans d’autres pays.  

Des reproductions en très haute définition

Deux catégories de travaux dans l'oeuvre de René-Marcel CARTER justifiaient l'usage d'images en très haute définition :
- Les illustrations originales à l'intérieur de livres uniques qui constituent la partie inaccessible de son oeuvre.
- Les plaques de cuivre gravées
L'objectif était de présenter des agrandissements de qualité aussi lisibles que possible en adoptant des formats de 65 x 50 cm et 60 x 90 cm.

Le cas des illustrations originales à l'intérieur de livres uniques

tête de cavalier mongol
Il n’était pas possible de laisser le grand public feuilleter ces livres fragiles. Seule la photographie autorise l'exposition simultanée de plusieurs images d’un même livre.

La très haute définition a permis d’agrandir jusqu'à douze fois les illustrations du livre “Gengis Khan” qui mesurent à l’origine 13,5 x 18,5 cm. Ainsi agrandie la maîtrise de l’artiste était encore mieux révélée.

Le cas des plaques de cuivre gravées

René-Marcel CARTER a très généreusement distribué, beaucoup de tirages papier  faits à partir de ses plaques. En conséquence, les plaques gravées qu’il donna à Jean-Pierre MAUBERT n’étaient pas accompagnées des tirages correspondant sur papier.

Comme la plupart des artistes graveurs, René-Marcel CARTER faisait faire des tirages limités de ses plaques. Il écrivait manuellement une fraction dans la marge de chaque tirage. Le numérateur était le numéro du  tirage, le dénominateur était le nombre maximum de tirages. Par exemple 12/25 était le douzième tirage d’un maximum de 25. Puis il signait à côté de cette fraction pour l’authentifier.


Jean-Pierre MAUBERT considéra que faire de nouveaux tirages, des estampes, à partir des plaques gravées qu'il possédait serait une tromperie. En même temps exposer les plaques de cuivre gravées n’était pas la meilleure solution. La lecture directe des plaques de cuivre gravées est généralement assez difficile. Elles réfléchissent comme des miroirs. En outre la plupart des ces plaques ne font que 12 x 18 cm.


Heureusement, depuis les 20 dernières années, la photographie numérique a fait d’énormes progrès. Donc, Jean-Pierre MAUBERT a pu respecter son engagement auprès de R.M CARTER. Il a fait des reproductions allant jusqu’à 60 x 90 cm qui montrent des détails  agrandis 25 fois. Dans une exposition ces détails auraient été peu lisibles sur la plaque de cuivre elle-même . Pour le prouver, trois plaques de cuivre gravées originales furent placées à côté de leur reproduction photographique. En outre il fut décidé de prendre quelques libertés, sans toutefois trahir l'artiste.

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