Biographie

L'adolescence

L'artiste et le lion Dartagnan

Doté d’un esprit vif, R.M. CARTER aurait pu devenir un brillant étudiant. Mais dès son adolescence, il préféra le papier Canson au papier quadrillé et les crayons Conté à la plume Sergent Major. Sa passion pour les animaux le mena très tôt dans les zoos et dans les cirques. 

Né à Puteaux, il y passa toute son adolescence. C’est là qu’il fit la connaissance d’un peintre très connu à l’époque, qui vivait dans cette même ville. Il s’agissait  de François KUPKA. Ce dernier s’intéressât aux premiers premiers croquis d’animaux de CARTER.
François KUPKA lui inculqua des principes simples, : « travaille sur nature, observe, ne copie pas, imagine ». R.M. CARTER  respecta toute sa vie ces principes.


La guerre de 14-18

La guerre de 14-18 fut un virage capital pour la vie et l’œuvre de René-Marcel CARTER. Il fut incorporé en 1917. Il connu l’enfer du front. Il participa à des corps à corps meurtriers dans les tranchées. Entre deux assauts, il retraçait les combats dans ses carnets de croquis comme un reporter de guerre. Le 1er octobre 1918, un mois avant l’armistice, il fut grièvement blessé à la hanche par un éclat d'obus. À 20 ans, il fut définitivement « affublé » d’une canne. Il dut oublier l’athlétisme et le football qu’il pratiquait avec tant de plaisir. Il lui restait le dessin. Mais les atrocités qu'il avait observées et celles auxquelles il avait participé comme combattant l’avaient très profondément marqué. Il consacrera au moins une gravure sur dix aux diverses formes de la barbarie de l’homme. 

L'administration communale

Après la guerre de 14-18, il intégra l'administration communale de la ville de Suresnes. Il y passa la quasi totalité de sa vie professionnelle. Grâce à sa rapidité d’esprit et à sa puissance de travail, il prenait de l’avance sur les tâches qui lui étaient affectées. Ensuite, il s’octroyait, avec la complicité de ses collègues, des demi-journées pour étudier les animaux au zoo ou dans les cirques. Il s’intéressait à toute la faune. Mais c’était les félins qui le passionnaient … au point un jour d’imaginer la mort de Louis XIV dévoré par un lion. 

L'exode

René Marcel CARTER dira dans ses mémoire "Surpris en 1970, étonné en 1914, voici l'état major Français abasourdi en 1940. Il est définitivement incapable de prévoir une guerre quelle qu'elle soit."

Comme beaucoup d'autre René Marcel CARTER prend la route de l'exode en juin 1940, avec sa famille. Comme GOYA, il dessine les désastres de la guerre qu'il observe. Les villageois alertent les gendarmes et il s'ensuit ce dialogue: 
- "Votre attitude inquiète les gens d'ici. Ils disent que c'est drôle, de dessiner en ce moment." dit un gendarme
- "Vous ne trouvez pas que les distractions sont rares?" répondit R.M CARTER
Comme la plupart des Français, il reviendra après quelques jours chez lui et reprendra son travail à la Mairie de Suresnes.

L'intermède tropical

panthère sur le bord du fleuve Chari
Au cours des années 50, l'épouse de René Marcel CARTER décéda. Il consacra alors de plus en plus de temps à sa passion du dessin animalier.
Après 34 années de services divers dans la commune de Suresnes, en 1955, il réalisa enfin son rêve d’adolescent. Il partit au Tchad chez un guide de chasse de sa connaissance.. Il passa un mois avec ses carnets de croquis dont il fera un usage intensif. A son retour, il dut être hospitalisé pour une grave crise d’urémie qui aurait été liée à son séjour Africain. Cette crise faillit lui être fatale.

La retraite

Portrait de son fils Jean CARTER
Fin novembre 1957, à 60 ans, il quitta "la galère communale". René Marcel CARTER. écrira dans ses mémoire : " J'étais le seul [...] à me désintéréssser à la fois des textes concernant les pouvoirs des maires, des dispositions de la loi du 15 février 1902, ainsi que de l'ordonnnance royale de 1604 [...] relative aux encorbellements et d'autre part à me passionner pour des problèmes aussi divers que la coissance des tigrillons du cirque Pinder, le manque d'appétit du python du Jardin des Plantes, et cette sorte d'eczéma dont était affligé l'un des buffles du zoo de Vincennes."
Dès 1958, il s'impliqua à plein temps dans sa production artistique. Il déploya une énergie formidable pendant une dizaine d'années. Mais il avait bien conscience qu'il faudrait du temps pour que son talent soit reconnu. Parfois, il racontait à ses proches amis qu'une ancienne collègue de la Mairie lui avait demandé sans malice : " Alors, vous faites toujours vos petits gribouillis?". 

Un artiste sans héritier direct

Portrait de Jean CARTER fils unique de l'artiste
René Marcel CARTER n'a eut qu'un seul enfant. C'était son fils Jean (dont le portait figure ci-contre).  Jean CARTER décéda prématurément de maladie au cours de l'années 1964.  Ce fut un choc terrible pour René Marcel CARTER. 
Le mot "dépression" à cette époque  ne faisait pas partie du vocabulaire courant. En outre les anciens combattant de la guerre de 14-18 auraient trouvé ce mot " insultant. Alors il survécut. Mais il avait perdu le goût du dessin. Grâce au solide soutien de son ami Dominique MAUBERT, il retrouva  très progressivement son sens de l'humour mais son inspiration artistique ne revint pas.


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